Typographismes II — Christian Dotremont
Typographismes II — Christian Dotremont
À la suite de la réédition de Typographismes I, cet ouvrage réunit brouillons, épreuves annotées et autres travaux de Christian Dotremont relatifs aux typographismes.
Dans le désordre y surgissent des feuilles de papier recouvertes d’annotations plus ou moins lisibles, des variations inspirées à partir d’un même poème d’amour, d’infinies déclinaisons formelles du prénom Gladys et de nombreuses citations éclairant les réflexions du poète sur l’écriture.
Tant de strates qui révèlent que, malgré leur apparence éclatée, les typographismes sont des jeux très sérieux : ils constituent la part visible de la recherche de toute une vie qui, des poèmes aux essais critiques, irrigua le travail du mot et de la mémoire du fondateur de CoBrA. Typographismes II permet de mesurer l’importance d’une telle recherche et de comprendre comment elle a abouti au déploiement de la poésie de Christian Dotremont simultanément dans les logogrammes et dans différentes expérimentations graphiques.
Ce livre forme enfin un ensemble tel que le poète l’avait rêvé le 21 décembre 1969, lorsqu’il écrivait à Michel Butor : « Mais je ne veux pas aller trop vite, et mon plus grand rêve actuel est de publier une somme de mes écritures déjà diverses. »
Cette publication a bénéficié du soutien des Archives & Musée de la Littérature (Bruxelles), où est conservé le Fonds d’archives Christian Dotremont, propriété de la Fondation Roi Baudouin.
IMS021 — 136 p. — 120 × 210 mm — 978-2-902049-09-7 — décembre 2025
Édité par Chloé de Lustrac et Julien Van Anholt
*
En arriver à ne plus savoir pouvoir, tracer une lettre de l’alphabet, tant le traçage m’intéresse. Prendre la lettre « a », en écriture, par la base, et partir en dessin, où passe l’ombre du reflet d’un arbre, peut-être, mais la lettre devient ainsi absente. La prendre, l’attaquer en biais, finir en fleur. L’attaquer de face, elle poudroie en gymnastique. Écrire, c’est, dans ces sens-là, ne pas savoir dessiner. Celui qui dessine ne s’arrête pas si vite à un rond et un bâton. Ni si lentement.
Christian Dotremont, « Monsieur Thon a bien raison », s. d.
