PUBLICATION — Five Minutes (4:30-4:34)
“It is 4:30 p.m.
In two weeks, it will still be 4:30 p.m.
In one year, it will be 4:30 p.m.
It will take some time…a lot of time. A lot of time to understand what a minute is. What an hour, a day is. What five minutes is. Will these five minutes last as long as those five minutes?”
Today marks, twice, the publication of “Five Minutes” by Jackson B. Smith, a young American writer, born during a heatwave in the shadow of a suburban New York shopping mall.
His poems owe as much to the dial of his watch as they do to Frank O’Hara or to Pierre Guyotat’s Éden, Éden, Éden.
—first edition limited to thirty copies—in French or in English—four pages, bound by sewing machine—
Jackson B. Smith entreprend dans ses poèmes de consigner la réalité d’une expression aussi peu fiable que souvent employée : « cinq minutes ».
À cette durée toujours fluctuante, l’auteur répond par une écriture apparemment objective (on pense à Charles Reznikoff pour qui il importait que la poésie soit « très précise sur l’objet et réticente sur l’émotion »). Derrière cette poésie froide, faite de descriptions, se découvre pourtant un regard singulier, tour à tour critique ou amusé. La spécificité des situations et des moments choisis concourt même à nous éloigner de toute neutralité, ce que confirment des choix typographiques excentriques – qui témoignent encore d’un travail partial et d’un timbre très personnels. Car la voix qu’on apprend à entendre dans ces brefs poèmes renouvelle l’approche du temps écoulé, réinvente la matérialité de la durée.
Cette première édition des Cinq minutes, limitée à trente exemplaires et reliée à la machine à coudre, est disponible en français et en anglais.